Onze centrales photovoltaïques, 33 333 panneaux : notre diagnostic panneau par panneau
Entre le 17 juin et le 17 septembre 2026, nous avons thermographié onze centrales photovoltaïques pour Genergies, qui en assure l’exploitation et la maintenance : deux en Martinique, au Carbet et à Bellefontaine ; huit centrales au sol en Guadeloupe, au Moule, à Petit-Canal, à Saint-François et à Gourbeyre ; une installation répartie sur les toitures de trois bâtiments commerciaux à Matoury, en Guyane. En tout, 33 333 panneaux ont été contrôlés un par un.

Avant le vol
Pour Bellefontaine et les huit centrales de Guadeloupe, l’exploitant nous a transmis ses plans d’implantation, avec les modules en service. Sur plusieurs centrales de Guadeloupe, des zones de modules hors service avaient été consignées : nous les avons délimitées sur nos cartes sans les compter comme des défauts. S’y ajoutent les plans de prévention signés avec l’exploitant et, en zone peuplée, la déclaration préalable des vols ; à Matoury, site recevant du public, nous avons aussi demandé un contact sur place en cas de contrôle. Dernière condition, la centrale doit produire : sans courant, les défauts ne s’échauffent pas.
L’ordre des vols
Sur chaque centrale, les vols s’enchaînent en général dans le même ordre : un vol rapide pour produire un modèle de surface, qui permet ensuite au drone de suivre le relief ; un vol en lumière visible, de 1 à 1,5 cm par pixel ; puis le vol infrarouge, avec une caméra radiométrique de 640 × 512 pixels, de 2,8 à 4 cm par pixel selon la hauteur imposée par le site. Les images sont géolocalisées en RTK. L’ensoleillement relevé est allé de 720 W/m² à Matoury, en septembre, à 1 267 W/m² à Petit-Canal, en août : toujours au-dessus du seuil de 600 W/m² retenu par la norme IEC TS 62446-3, en dessous duquel les écarts de température deviennent trop faibles pour être lus de façon fiable.
Une fiche par panneau
Au bureau, les images infrarouges sont converties en températures, puis assemblées en orthophotos visible et infrarouge géoréférencées. Chaque table de panneaux est tracée sur l’orthophoto et découpée en panneaux, et chaque panneau reçoit un identifiant qui donne sa table et sa position (B79 2-4, par exemple). Un opérateur classe ensuite chaque anomalie : point chaud isolé, constellation de points chauds, défaut de module, diode de dérivation défectueuse, chaîne de modules coupée, ombrage par la végétation, ombres ou encrassement, ou « autre », avec un commentaire (salissure, condensation, impact ou fissure possibles) qui appelle une vérification sur place. Un second opérateur contrôle l’ensemble avant la validation du rapport.
Le rapport détaillé consacre une page à chaque panneau signalé : vignettes infrarouge et visible, températures minimale, moyenne et maximale, position GPS et lien d’itinéraire, pour que l’équipe de maintenance aille droit au panneau. Il s’accompagne d’une synthèse d’une page donnant le niveau opérationnel de la centrale, d’une mise en plan multicalques des défauts et des orthophotos, en RGAF09 / UTM 20N aux Antilles et en RGFG95 / UTM 22N en Guyane. Les mêmes données se consultent dans le module de thermographie de Sentinel Cloud.
Du rapport à l’intervention
La nature des défauts oriente l’intervention : un défaut de module conduit au remplacement du panneau, une chaîne coupée à un contrôle électrique, un ombrage par la végétation à une tonte ou à un débroussaillage. Sur la carte, la disposition des défauts se lit d’un coup d’œil, par exemple quand plusieurs défauts de module se suivent sur une même colonne de table.
Pour l’exploitant, chaque rapport devient une liste de travail (panneaux à remplacer, chaînes à contrôler, rangées à dégager) avec la position exacte de chaque élément. Les onze rapports ont été livrés entre le 18 juin et le 21 septembre 2026.





