Lignes HTA de Guyane : six photos par support, 1 262 supports en 19 jours de vol
En 2024, l’exploitant du réseau électrique nous a confié la visite par drone de quatre départs HTA, de Mana à Saint-Georges. Il fallait photographier chaque support assez précisément pour qu’un technicien établisse son diagnostic au bureau et prépare des travaux de renouvellement ciblés, sans retourner sur le terrain.

Quatre lots, 128 kilomètres
Le travail a été découpé en quatre lots : Galion, à Montsinéry-Tonnegrande (397 supports, 35,5 km de ligne), Mana (246 supports, 26,9 km), Sinnamary – Iracoubo (484 supports, 57,2 km) et la commune de Saint-Georges (135 supports, 8,8 km). Les vols ont commencé le 17 septembre 2024 ; il a fallu 19 jours de vol et 67 h 50 en l’air pour couvrir les 1 262 supports.
Six photos par support, à une près
La méthode était celle de l’exploitant. Pour chaque support : deux vues d’ensemble, à l’approche puis au départ du drone, pour juger son état de la base au sommet ; quatre vues rapprochées de l’armement, dont une dans son axe pour voir une éventuelle déformation ; une vue prise sous l’armement, caméra tournée vers le haut. Entre deux supports, les manchons et les défauts visibles sur les conducteurs étaient photographiés à part. Les photos devaient atteindre 20 pixels par centimètre sur l’armement, être géolocalisées en x, y et z et horodatées, et le drone devait rester à plus de 3 m de chaque conducteur.
Les photos portaient sur les supports, les armements, les isolateurs, les fixations et les attaches des conducteurs, les transformateurs en haut de poteau, les interrupteurs aériens, les remontées aéro-souterraines et les parafoudres. Elles devaient montrer la corrosion ou la déformation des ferrures, l’usure des étriers, le détoronnage d’un conducteur ou la végétation trop proche. Toute situation dangereuse constatée en vol, élagage urgent, isolateur cassé ou poteau vétuste, devait être signalée à l’exploitant au plus tard le soir même, et les personnes ou plaques d’immatriculation visibles devaient être floutées.
Au total, 7 854 photos ont été prises, soit 6,2 par support en moyenne. Un point posé sur chaque support a permis de produire un fichier KML global des lignes, et un tableau de suivi a consigné jour après jour les supports traités, les photos, le temps de vol et la distance parcourue.
La cadence
La moyenne s’est établie à 18,6 supports par heure de vol et à 66 par jour de vol. Les meilleures journées ont dépassé 80 supports, avec un maximum de 99 sur le lot de Mana, le 26 septembre. Le principal frein a été la route : sur les lots éloignés de Kourou, les allers-retours quotidiens ont pris du temps d’acquisition, et l’équipe recommande désormais de loger sur place pour ce type de campagne.
Sur Sentinel Cloud
En mars 2026, le lot de Sinnamary a été chargé dans le module d’inspection de pylônes de Sentinel Cloud : chaque photo y est placée sur la carte, orientée selon le cap du drone et rattachée à son support, avec la possibilité d’annoter les anomalies, de les classer sur quatre niveaux de gravité et d’exporter un rapport PDF ou un tableau.




