Barrage de Peti : l’état initial, 4 052 fissures relevées à 0,8 mm par pixel
En septembre 2022, Cemig nous a confié l’état initial du parement aval du barrage de Peti, une voûte en béton construite en 1944-1945 sur le rio Santa Bárbara et atteinte par des réactions expansives de type alcali-granulats. Les données d’une campagne de 2020, produites avec une autre projection, n’avaient pas permis de comparaison précise : il fallait repartir d’une référence complète, conçue dès le départ pour être reproduite chaque année.

Du modèle général au parement
Du 26 au 30 septembre 2022, la base GNSS a été installée sur un repère bétonné de rive gauche, qui sert depuis à chaque campagne. Un drone multirotor RTK équipé d’un capteur plein format de 45 mégapixels a d’abord réalisé un vol général de 932 photos : nuage de points filtré, modèle numérique d’élévation à 2,2 cm, modèle 3D et orthophoto à 1,1 cm. Sur ce modèle, nous avons calculé un plan de vol 3D de 1 400 photos à 6,5 m du parement aval, soit 0,8 mm par pixel ; la météo difficile de la semaine a fixé cette distance minimale.
Le parement amont, photographié en vol manuel avec un drone compact RTK, a donné trois orthophotos de 1,5 à 3 mm par pixel. Les huit piles du déversoir, en forme d’ogive, se prêtent mal à l’orthophoto : elles ont été documentées par trois photos chacune.

Trois orthofaçades et une classification en arbre
Le parement aval a été reprojeté sur trois orthofaçades à 0,8 mm par pixel, une cylindrique pour la voûte et deux planes pour les blocs latéraux, accompagnées de modèles d’élévation à 1,6 mm. Les fissures y ont été tracées une à une, puis classées selon une logique d’arbre : la rachadura forme le tronc, la trinca la branche principale, la fissura la branche secondaire. Les éléments isolés sont classés par seuils, multiples de la taille du pixel : moins de 0,8 mm d’ouverture et moins de 1 m de long pour une fissura, de 0,8 à 2,4 mm et de 1 à 5 m pour une trinca, au-delà pour une rachadura.
Par contraste, une fissure reste détectable jusqu’à environ un tiers de pixel, soit 0,27 mm ; la plus fine relevée mesure 0,4 mm.
4 052 fissures sur 2 023 m
L’état initial compte 4 052 fissures : 2 128 fissuras, 1 328 trincas et 596 rachaduras, pour 2 023 m de longueur cumulée, dont respectivement 433 m, 747 m et 843 m. Des cartes de densité par famille montrent les zones où le béton travaille le plus.

Les conditions n’étaient pas idéales : le ciel couvert et la pluie ont imposé des sensibilités élevées et du bruit sur les images, et l’eau ruisselant sur le parement créait des reflets. Les joints de construction n’ont pas été tracés, et l’état humide de la surface ne permettait pas de conclure sur d’éventuelles fuites.
Une référence pour les campagnes suivantes
Le nombre de fissures relevées croît très vite avec la résolution : à 0,5 mm par pixel, deux à trois fois plus d’anomalies pourraient être détectées. Les campagnes suivantes ont conservé la même résolution et les mêmes surfaces de projection, pour que les fissures restent comparables d’une année à l’autre.
Livré avec les orthofaçades, les modèles d’élévation, le nuage de points, le modèle 3D, les plans DWG et PDF et les shapefiles par famille, l’état initial a été présenté aux ingénieurs de l’exploitant le 2 mars 2023 ; il sert depuis de référence aux campagnes de 2023, 2024 et 2025.





