18 671 panneaux contrôlés par thermographie dans huit centrales au sol de Guadeloupe
Ces huit centrales au sol de Guadeloupe sont en injection totale : elles vendent toute leur production au réseau, et un panneau qui chauffe, ou qu’une herbe haute met à l’ombre, c’est de l’énergie perdue chaque jour. En août 2026, leur exploitant nous a confié leur diagnostic par drone, après les centrales du Carbet en juin et de Bellefontaine en juillet, en Martinique. Cinq se trouvent au Moule, les trois autres à Petit-Canal, à Saint-François et à Gourbeyre.

Voler quand le soleil est au plus haut
Les vols ont eu lieu du 3 au 5 août, puis le 13 pour la dernière centrale et pour un complément en lumière visible sur trois autres. L’exploitant nous avait prévenus : pas de lignes HTA cette fois, mais des routes d’accès tortueuses, pour lesquelles il recommandait un véhicule haut. Sur chaque site, deux acquisitions : l’une en infrarouge à 3 cm par pixel, l’autre en lumière visible à 1 cm. L’ensoleillement, relevé à chaque vol, est resté entre 1 000 et 1 267 W/m², bien au-dessus du seuil de 600 W/m² retenu par la norme IEC TS 62446-3 pour la thermographie des installations photovoltaïques : en dessous, les écarts de température causés par les défauts deviennent trop faibles pour être lus de façon fiable.
Les huit centrales totalisent 8,1 MWc et 3,4 hectares de panneaux. Les zones de modules consignés signalées par l’exploitant sont délimitées sur les cartes, sans être comptées comme des défauts.
Un défaut, une fiche
Chaque panneau en anomalie est classé par type de défaut, ce qui oriente l’intervention : défaut propre au module, ombre de la végétation, constellations de points chauds, point chaud isolé. Les cas classés « autres » portent un commentaire de l’opérateur (salissure ou condensation, impact, fissure possibles) et sont à vérifier sur place.
La végétation compte pour près de trois anomalies sur dix, et presque toutes se trouvent sur deux centrales : la réponse y est une tonte ou un débroussaillage, sans changer de matériel. Les défauts de module, eux, se répartissent sur sept centrales et appellent une intervention panneau par panneau.
Un dossier par centrale
Chaque centrale reçoit un rapport détaillé avec une fiche par panneau signalé : images infrarouge et visible, températures minimale, moyenne et maximale, position GPS et itinéraire pour l’équipe de maintenance. S’y ajoutent une synthèse d’une page, une mise en plan des défauts et les orthophotos visible et infrarouge géoréférencées. Chaque rapport est relu par un second opérateur ; l’ensemble a été validé le 19 août, six jours après le dernier vol.
Les mêmes résultats se consultent dans le module de thermographie de Sentinel Cloud : la carte de la centrale, puis chaque panneau en infrarouge et en visible, avec ses températures.





