Aérodrome de Grand-Case : un levé LiDAR à 30 m de hauteur au bord d’une piste en service
L’aérodrome de Grand-Case dessert la partie française de Saint-Martin. Son exploitant, Edeis Aéroport Saint-Martin, prépare une extension et voulait connaître précisément le terrain d’une zone boisée et en partie occupée qui borde la piste, d’environ 8 hectares. Le cahier des charges demandait un levé au LiDAR, mieux adapté qu’une photogrammétrie seule à un terrain sous végétation, et une orthophoto rattachée au levé existant de la piste.

Une piste qui reste ouverte
Voler au bord d’une piste en service demande deux démarches. Côté préfecture, nous avons réduit la zone de vol au strict nécessaire, ce qui a permis de passer par une simple déclaration ; le récépissé est arrivé le 10 avril pour des vols du 14 au 16. Côté aviation, la demande de créneau a été déposée le 8 avril sur le portail CLEARANCE, auprès de l’AFIS, le service d’information de vol de l’aérodrome. L’accord fixait les règles : 30 m de hauteur au plus au lieu des 50 m demandés, vols de 30 minutes au maximum, interruptibles à tout moment, 3 heures cumulées, drone toujours à vue, contact avec l’AFIS avant toute activité et priorité absolue au trafic aérien. Tilaya Drones, opérateur installé à Saint-Martin, nous a accompagnés sur place, notamment comme observateur de l’espace aérien.
Trois jours sur le terrain
Le 13 avril, nous avons mesuré cinq points d’appui en GNSS RTK, dont deux dans l’enceinte de l’aérodrome, avec un badge délivré par l’exploitant ; les corrections venaient d’une station permanente située à environ 30 km. Le 14, les vols photogrammétrique et LiDAR ont été conduits depuis l’extérieur de la plateforme, dans les créneaux donnés par l’AFIS. Dans la nuit, le prétraitement a montré que l’un des deux vols LiDAR présentait un écart d’altitude d’environ 10 cm : une longue interruption en cours de vol avait fait dériver la centrale inertielle. Un vol LiDAR complémentaire de 40 minutes a été réalisé le 15, dernier jour d’activité drone sur le site.
Un plan à remettre dans le bon système
Le plan de la piste fourni par le client n’était pas dans le système de référence en vigueur à Saint-Martin. Il était encore dans le système historique Fort Marigot 1947 (EPSG 2969), alors que le standard de l’IGN est aujourd’hui le RGAF09 (EPSG 5490). Une fois transformé, le plan restait décalé de 0,91 m en X et de 0,47 m en Y, soit environ 1 m : nous l’avons recalé sur l’orthophoto par photo-interprétation. En altitude, les écarts avec notre levé atteignaient 15 cm. Notre altimétrie croise trois sources, le LiDAR, la photogrammétrie et les points mesurés au sol ; nous avons donc signalé ces écarts au client en lui demandant dans quel système altimétrique son plan avait été produit.
Le 17 avril, nous avons livré l’orthophoto à 3 cm par pixel, les points sol LiDAR au pas de 2 m au format DWG et le plan existant recalé, avec l’orthophoto et les points LiDAR.
Saint-Martin, une île que nous connaissons
Ce n’était pas notre première mission sur l’île. En 2021, nous avions traité par photogrammétrie les images d’un levé de l’aéroport réalisé par un opérateur local. Depuis 2024, nous suivons un projet d’Albioma près du port de Galisbay : orthophoto en 2024, LiDAR en 2025, points sol pour les terrassements en 2026. Pour Grand-Case comme pour le LiDAR de Galisbay, les batteries, refusées en avion, ont dû voyager autrement : cette fois par bateau, depuis la Martinique.




