Barrage de Peti, quatrième campagne : 6 fissures nouvelles sur 4 052 suivies depuis 2022
Le barrage de Peti est une voûte en béton construite en 1944-1945 sur le rio Santa Bárbara, à une centaine de kilomètres de Belo Horizonte ; il alimente une centrale de 9,4 MW de Cemig. Son béton est affecté par des réactions expansives, et l’exploitant fait inspecter ses parements par drone chaque année. Nous avons établi l’état initial du parement aval en septembre 2022, puis réalisé une campagne de comparaison chaque année ; la quatrième a eu lieu du 22 au 24 septembre 2025.

Une méthode identique chaque année
Deux campagnes ne se comparent que si elles se superposent exactement. Chaque année, la base GNSS est installée sur le même repère bétonné de rive gauche, et un premier vol général produit dès la fin de la matinée le modèle 3D complet de l’ouvrage, sur lequel sont calculés les plans de vol rapprochés. En 2025, un drone multirotor RTK porteur d’un capteur plein format de 45 mégapixels a couvert environ 85 % du parement aval à moins de 5 m, capteurs d’obstacles réglés à 3 m ; un drone compact RTK, piloté manuellement, a complété les zones difficiles d’accès et tout le parement amont. Au total : 21 vols, 2 037 photos, six heures de vol et 12,7 km parcourus.
Les photos sont reprojetées sur les mêmes surfaces que les années précédentes : un cylindre pour la voûte, des plans pour les blocs latéraux. Le positionnement RTK donne une précision absolue de quelques centimètres ; pour superposer les fissures d’une année sur l’autre, les orthofaçades sont en plus recalées sur des points de contrôle repérés sur le parement. En quatre jours ouvrés de traitement, la campagne 2025 a produit sept orthophotos totalisant 3,9 gigapixels, dont le bloc central du parement aval à 0,8 mm par pixel (95 256 × 33 223 pixels), les blocs de droite à 0,9 mm, le parement amont à 1,2 mm et la crête à 1,5 cm, ainsi qu’un modèle 3D de l’ouvrage.

Deux catégories de fissures
L’état initial de 2022 avait recensé 4 052 fissures sur 2 023 m de longueur cumulée, classées en trois familles selon leur ouverture et leur longueur. Depuis 2023, nous ne traçons plus que deux catégories par rapport à l’année précédente : les fissures nouvelles ou allongées, et les fissures ou tronçons devenus plus visibles. La mesure d’ouverture, limitée par la taille du pixel, a été jugée trop incertaine pour servir d’indicateur ; l’apparition et l’allongement le sont.
Le parement aval est découpé en 68 cellules repérées par une lettre et un chiffre. Une planche générale signale les cellules où une évolution a été relevée, et chaque cellule a sa planche de comparaison : 71 planches en 2025, trois générales et 68 de détail. Ce format a été arrêté avec les ingénieurs de l’exploitant après la campagne 2023.
Ce que montre la série
La campagne 2023 avait relevé 22 fissures nouvelles ou allongées et 54 plus visibles, celle de 2024 respectivement 4 et 37. En 2025, 6 fissures sont nouvelles ou se sont allongées, pour 4,474 m au total, et 45 sont devenues plus visibles : 0,15 % de fissures nouvelles par rapport à l’état initial.
Le nombre plus élevé de fissures devenues visibles tient aux conditions de prise de vue : le parement était exceptionnellement propre, les vannes sont restées fermées et la surface sèche, et des travaux en cours avaient dégagé la partie gauche de l’ouvrage. Le rapport de campagne conclut une nouvelle fois à la stabilité du parement aval, sans évolution significative depuis le début du suivi en 2022 ; les petites différences d’une année à l’autre tiennent surtout à l’éclairage et à l’état de surface.
Livraison
Les livrables suivent la même arborescence chaque année : photos, orthophotos, nuages de points et modèle 3D d’un côté, planches PDF et shapefiles des deux catégories de fissures de l’autre, avec un rapport de campagne en portugais. Ceux de 2025 ont été déposés dans l’espace documentaire de l’exploitant le 17 octobre 2025. En avril, nous avions présenté à ses ingénieurs une démonstration de l’interface web Sentinel Cloud montée sur les données du parement aval, qui évite de télécharger des orthophotos de plusieurs gigaoctets.






