Trois jours sur une centrale hydroélectrique du rio São Francisco, au Brésil
La centrale se trouve sur le rio São Francisco, dans l’État de Bahia. Son barrage, de conception mixte, associe béton et enrochement. Pour le bureau d’études titulaire du contrat de l’exploitant, nous avons réalisé en janvier 2025 l’acquisition et le traitement photogrammétriques de la casa de força, du déversoir, de la prise d’eau et de la crête : un état de référence, destiné à être comparé lors des inspections suivantes.

Entrer dans une centrale en exploitation
Avant d’accéder au site, l’équipe a fourni ses habilitations pour le travail en installation électrique, en espace confiné et en hauteur (normes NR-10, NR-33 et NR-35), rédigé une procédure d’exécution et une analyse de risques propres au vol de drone, et suivi l’intégration sécurité de l’exploitant.
Du modèle général aux parements
Sur place du mardi 21 au vendredi 24 janvier 2025, deux personnes, un télépilote-photogrammètre et un assistant chargé des batteries, du RTK et de la sécurité, ont travaillé avec un seul drone compact RTK. Le positionnement était corrigé en temps réel par une station permanente du réseau géodésique de l’IBGE, à 3 km du barrage : 2 cm de précision en plan, 3 cm en altitude. Le premier après-midi, des vols généraux à 50 m avec suivi de terrain (1,5 cm par pixel) ont produit le soir même les modèles 3D de la casa de força et du déversoir, sur lesquels ont été calculés les plans de vol rapprochés.
Les jours suivants, le drone a longé les parements à moins de 4 m, capteurs d’obstacles réglés à 3 m, avec une cible de 1 mm par pixel : amont de la casa de força, prise d’eau et une partie de l’aval le deuxième jour ; compléments à l’aval de la casa de força puis aval, amont et crête du déversoir le troisième ; compléments à l’aval du déversoir, relevé 360° dans les galeries et crête entre le déversoir et l’usine le dernier matin. Au total : 11 809 photos, 33 vols, plus de 11 heures de vol et 66,5 km parcourus, par ciel dégagé et sans vent.
46 gigapixels, six types d’anomalies
Dix jours ouvrés de traitement, avec des centaines d’ajustements manuels, ont produit neuf orthophotos totalisant 46 gigapixels : 0,85 mm par pixel à l’aval de la casa de força, de 1 à 1,22 mm à son amont et sur la prise d’eau, 1,01 mm à l’amont du déversoir et 3,08 mm à son aval, projeté sur un plan incliné pour limiter la déformation des piles, et 8 mm sur la crête, géoréférencée à moins de 10 cm. S’y ajoutent les modèles 3D de la casa de força et du déversoir, deux poutres de tourillons modélisées pour mesurer leurs fissures directement sur le modèle, et une visite virtuelle de dix panoramas.
Chaque anomalie porte un nom qui donne sa zone, son type et son numéro, par exemple CdF-M_F_201 pour une fissure de l’amont de la casa de força. Six types sont distingués : fissure, zone de fissuration concentrée, décollement du béton, armature apparente, écoulement d’eau et végétation. Au total, 2 492 anomalies ont été cartographiées, dont 2 432 fissures pour 2,65 km, avec leur longueur projetée et leur longueur réelle en 3D : 1 765 sur la casa de força, 581 sur le déversoir et 145 en crête. Vu l’étendue des surfaces, le relevé n’est pas exhaustif ; il fixe une référence pour les inspections suivantes.
Une interface web pour les ingénieurs
Le rapport, en portugais, a été remis le 18 février 2025 avec l’accès à l’interface web Sentinel Cloud, la première que nous ayons livrée pour une inspection de barrage : les neuf orthophotos avec leurs anomalies positionnées, quatre modèles 3D (casa de força, déversoir et les deux poutres) et la visite virtuelle, consultables pendant un an depuis un navigateur. Après une réunion technique le 21 février, un tutoriel vidéo a été ajouté à l’interface. Le 27 février, l’exploitant a classé le rapport dans son espace documentaire de projet ; en mars, il a reçu le code source de la visite virtuelle et une édition du rapport à sa numérotation interne.






